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23 septembre 2009

Un colloque d'architecture au Centre Pompidou sur le futur des métropoles

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Vingt architectes internationaux dont Rem  Koolhaas, Thom Mayne ou Dominique Perrault, participent les 1er et 2 octobre au  Centre Pompidou à Paris à un colloque sur le "devenir des métropoles", dans la  lignée des réflexions sur le Grand Paris, ont annoncé les organisateurs.  Ce colloque international, à l'initiative du ministère de la Culture et intitulé "L'enjeu capital(es) - Les métropoles de la grande échelle - Les  rendez-vous du grand Paris", réunira vingt architectes parmi lesquels des  théoriciens renommés, des figures confirmées et des architectes plus  jeunes.

Le colloque prendra la forme de quatre tables-rondes avec notamment les  Américains Peter Eisenman, James Wines et Thom Mayne, lauréat du prestigieux  Pritzker Prize en 2005, le Suisse Bernard Tschumi, le Néerlandais Rem Koolhaas,  le Japonais Kengo Kuma, le Français Dominique Perrault ou l'Italien Andrea  Branzi.

La ville et son histoire, l'écologie, la ville en mutation ou le "désordre productif" seront les grands thèmes abordés par ces deux jours de  débats, destinés à "alimenter la réflexion" déjà engagée sur le Grand Paris à travers les projets présentés par dix équipes d'architectes, a précisé le ministère.  Les débats seront retransmis sur internet (metropoles.centrepompidou.fr) et dans les 22 écoles d'architecture en France. Un ouvrage, "L'enjeu capital(es)", avec les contributions des invités et d'une cinquantaine d'autres architectes, est également publié à cette occasion.

Certains des architectes invités, peu connus du grand public mais renommés dans la profession, sont à l'origine de réflexions quelquefois anciennes sur des questions qui se posent de manière aiguë aujourd'hui, telles que "l'architecture verte", la notion de territoire ou la mégalopole, a précisé Frédéric Migayrou qui organise le colloque pour le Centre.

AFP

19 janvier 2009

Paris au XXIe, ou ce qu'en pensent les architectes

La métropole parisienne au XXIe siècle, vue par les architectes

 

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(AFP) - Un Central Park à la Courneuve, des "fronts de terre" pour l'agriculture, une gare du Nord excentrée ou Paris jusqu'au Havre.  Dix équipes d'architectes planchent depuis huit mois sur ce que pourrait être  le Grand Paris au milieu du siècle, avec un souci commun : ne pas en rester là.
Entre le 9 et le 19 février, ces équipes parmi lesquelles celles de "stars" comme Jean Nouvel, Christian de Portzamparc ou Richard Rogers, rendront au ministère de la Culture, maître d'ouvrage de la consultation, leur vision de la métropole parisienne (aujourd'hui d'environ 8 millions d'habitants dont 2 pour Paris intra muros) dans 20 ou 40 ans.
Ni mise en concurrence en vue d'un marché, ni concours d'idées, la consultation voulue par Nicolas Sarkozy se veut un "appel à projets" qui doit fournir "orientations théoriques et propositions pratiques", avec pour seul objectif concret à ce stade une exposition au printemps à la Cité de l'architecture et du patrimoine.

Pour Christian de Portzamparc, il faut "réconcilier croissance et bien-vivre". Paris est "au centre d'une énorme conurbation qui va de Londres à Francfort et débouche sur une gare vieillotte - la gare du Nord - un vrai cul-de-sac", dit à l'AFP le coordonnateur de l'équipe Didier Martin. Roissy pourrait être un pôle où se croisent avions, trains et marchandises, le plateau de Saclay pourrait accueillir les "flux de la connaissance".

Pour l'équipe Jean Nouvel qui a travaillé non pas sur un projet global mais sur des "échantillons, élaborés jusqu'au détail", il faut "mélanger l'urbain et le rural", indique l'architecte-urbaniste Michel Cantal-Dupart. La richesse des terres agricoles de l'Ile-de-France doit être utilisée par
des "fronts de terre" qui stopperont les zones urbaines. Côté transports, il faut "arrêter de tout concentrer sur Châtelet", avec un maillage total de la métropole et une utilisation plus grande des fleuves.

L'équipe d'Yves Lion travaille avec Météo-France. Contre le réchauffement climatique, elle propose d'augmenter de 40% la superficie des forêts autour de Paris. Les bords de Seine ne sont pas par ailleurs assez utilisés, sous "prétexte de réserve naturelle. On craint d'habiter le paysage, du coup on le laisse tomber. Il faut une architecture qui se marie avec la nature", dit l'architecte.

Pour Roland Castro, Paris est un "bouquet de fleurs à sept pétales" qui doit devenir une capitale "pour l'Homme et pour le monde", dans laquelle il "n'y aurait plus d'apartheid". Autour du Parc de la Courneuve, aujourd'hui à peine utilisé, on propose de construire des habitations pour en faire un Central Park, le long du canal de l'Ourcq une cité du savoir, à Gonesse une exposition universelle.

Antoine Grumbach imagine, lui, une métropole qui va jusqu'au Havre, "avec  des noyaux urbains le long de la Seine", l'allemand Finn Geipel veut "réduire les transports", l'équipe Rogers dessine une ville "écologiquement responsable".

Tous travaillent sur l'idée de métropole - "Paris et sa banlieue, ça ne veut plus rien dire", dit M. Lion - et le désenclavement des zones  sensibles qui doivent être "réintégrées dans l'espace public", pour l'équipe Portzamparc.
Qu'en sera-t-il de ces milliers de pages de projets ? "Il faut que ça continue", dit Yves Lion qui note que "les architectes ont travaillé sans
sentiment de concurrence et que les politiques se sont montrés réceptifs et passionnés. Et ça, c'est un petit miracle", dit-il.
"Pour la première fois depuis le baron Haussmann, il se passe quelque chose", renchérit Roland Castro pour qui il faut lancer un "grand emprunt", afin de passer au concret.