Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

03 décembre 2010

Armand Pellier ou l'architecture d'avantgarde en pierre de Vers

Pellier02.jpg

La chapelle des Jésuites propose une exposition sur un architecte majeur du XXe siècle pourtant assez méconnu, Armand Pellier. Celui qui fit les beaux-arts de Nîmes en 1926, se passionnait pour toutes les techniques en général. Respectueux de la nature, il savait en valoriser les plus belles expressions, telle la pierre de Vers (qui servi à construire le plus célèbre des aqueducs) qu'il utilisa durant toute sa carrière. Ce matériau d'exception, Armand Pellier en fera sa marque de fabrique dans des demeures conçues pour y faire rayonner le soleil.

pellier3.JPG

Ses carnets de croquis sont une précieuse mémoire qui révèlent l'acuité et la profondeur de sa réflexion. Ils constituent un fonds documentaire fondamental pour tous les bâtisseurs.

Ses constructions, des années 1950 à 1980, s'inscrivent  dans le mouvement de la modernité. La maison des compagnons du devoir, les agences du Credit Agricole, l'hôtel Les Cabanettes à Saint-Gilles, plusieurs maisons individuelles à La Grande-Motte sont autant d'oeuvres laissées par cet architecte qui vécut à Nîmes jusqu'à sa mort.

C.U.

Armand Pellier (1810-1989), portrait d'un artiste et d'architecte d'exception.

Jusqu'au 7 décembre. Chapelle des Jésuits, Grand-rue, Nîmes.

 

26 avril 2010

Robert Doisneau en couleurs

Un livre de photos inédites de Robert Doisneau sur Palm Springs

palmspringstet.jpg

 

 

doisneau_palm_springs-2.jpg

 

palm3.jpg

C'est une commande du magazine Fortune en 1960,  qui est à l'origine de cette première et étonnante série de clichés du photographe français Robert Doisneau sur Palm Springs. La ville au 365 jours de soleil par an, réputée pour ses golfs et ses retraités richissimes compte surtout ce que l'architecture des années 50 a fait de novateur et moderniste à cette époque. Dans ces maisons au look d'aéroport, aux piscines intérieures et au mobilier scandinave, mais aussi dans ses fêtes, ou sur ses parcours de golf, Robert Doisneau dresse un portrait amusé d'un microcosme artificiel où pour la première fois, il a utilisé  la couleur dans une perspective résolument esthétique.

Cet album de photos - ressorties des archives du magazine Fortune - livre une partie méconnue du travail de l'artiste drôle, ironique et qui annonce sans contexte le travail d'un photographe comme Martin Parr.

La préface est signée Jean-Paul Dubois, prix Médicis, mais surtout spécialiste des Etats-Unis durant de nombreuses années pour Le Nouvel Observateur.

Palm Springs a été publié en parallèle de l'exposition de la galerie Claude-Bernard à Paris qui se déroule jusqu'au 1er juin.

 

C.U.

 

Palm Springs 1960, Robert Doisneau. Préface Jean-Paul Dubois. 156 pages, 30 euros.

15 février 2010

Ecologie, ou une expo à Montpellier

Développement Durable, Grenelle de l’Environnement, gestion de l’eau, tri sélectif des déchets, les formules sont nombreuses, le sujet en débat. La Maison de l’architecture LR et la Ville de Montpellier vous proposent d’aborder ces sujets à travers une exposition à voir  :

« Habiter écologique : l’appel à projets »

Invit Recto HE Mail.jpg

en provenance de la Cité de l’architecture et du Patrimoine, jusqu’au 7 mars 2010  dans le Hall de l’Hôtel de Ville de Montpellier. À l’heure où les architectes se forment au développement durable, afin de prendre en compte les nouvelles contraintes et les nombreuses opportunités du bâti écologique, la Maison de l’architecture LR s’associe à la Ville de Montpellier pour présenter au grand public « L’APPEL À IDÉES » , sixième séquence de l’exposition « Habiter écologique ».

Maquettes, vidéos, panneaux alvéolés, tout une expo écolo à ne pas rater ! La Maison de l’architecture Languedoc-Roussillon (M’aLR), qui a développé depuis le mois de décembre 2009, une programmation trimestrielle alliant exposition, débat et rencontres conviviales, donne ainsi le ton de sa première saison culturelle 2010. Cette saison sera d’ailleurs retranscrite en intégralité sur le nouveau site du Réseau National des Maisons de l’architecture : www.ma-lereseau.org, depuis le 28 janvier 2010.

20 novembre 2007

Design contre design, ou l'expo événement de l'hiver

"Design contre design propose de confronter des objets et des meubles de l’environnement domestique de la révolution industrielle à nos jours. Plutôt que de raconter une chronologie aujourd’hui trop complexe, elle met en parallèle, juxtapose, propose des courts circuits dans le temps destinés à créer la surprise et des dialogues entre les choses. Dialogue mis en valeur par es essais du catalogue, tous transversaux : design et l’art, la mode, l’architecture, le cinéma, la bande dessinée, l’humour, le roman."

 9c623add66cd99f537f0f89987d7efd8.jpg

Montage de 2 pièces de mobilier  André Groult et Marc Newson Chiffonnier anthropomorphe, 1925  Musée des Arts Décoratifs, Paris © Succession André Groult / Adagp, Paris 2007 / Marc Newson, Pod of drawers, 1987 – Galerie Kréo, Paris. © Courtesy Galerie Kréo - Marc Newson 2007

 

Elle est idéale pour s'initier au design. Elle, c'est l'exposition "Design contre design", qui se déroule jusqu'au 7 janvier, aux galeries nationales du Grand Palais, à Paris. Surtout que sa conception surprend. Le visiteur pourrait s'attendre à une progression chronologique, afin d'appréhender au mieux l'évolution du design à travers le temps. Le visiteur restera sur sa faim. La mise en scène privilégie ce qui inspire le design. Je me suis attardé sur la partie consacrée aux animaux et aux végétaux. On y est accueilli par l'imposant "chat polymorphe", de François-Xavier et Claude Lalanne (1968). Et l'on découvre au fil des vitrines ou des parterres d'exposition différentes oeuvres, tout aussi surprenantes. Comme le banc monumental de Zaha Hadid.

Au fil du parcours, le visiteur découvre un peu mieux, appréhende au plus près les subtilités du design. Sans se prendre la tête. C'est bien là tout l'intérêt de cette exposition. Le voyage se termine par une jolie surprise, que l'on doit à Verner Panton. Où l'on explore de l'intérieur toute l'ingéniosité du design. Avec en plus, comme un voyage proposé par Stanley Kubrick.

777ed4056a3f3dfa5be97d57d263a941.jpg

Bar François-Xavier Lalanne, 1968 Armature d'acier, bois, tôle de laiton 204 x 350 x 60 cm  Collection Shahram Riahi, Paris

51597622aad92723a4a253182df4d496.jpg

Banc Iceberg Zaha Hadid, 2003 Bois laminé, micro-feuilles d’aluminium, laqué à feu
208 x 268 x 200 cm Edition Sawaya & Moroni, Milan ; Edition de 9 exemplaires ; Galerie Ammann, Cologne
© Manufacturer Sawaya & Moroni, Milan, Italy – Anke Bornemann + Harald Seick

Au final, on regrette presque que l'exposition se termine si rapidement. Un petit détour s'impose également du côté de la boutique, où une belle sélection d'ouvrages permet de terminer agréablement la visite. Tout comme quelques petits objets. A ne pas manquer, donc, si vous passez à Paris pour les fêtes de fin d'année.

M. M.

___________________________

Ouvert tous les jours sauf le mardi. Fermé le 25 décembre et le 1er janvier. De 10 h à 20 h (22 h les mercredis et vendredis). Plein tarif : 10 €. Accès métro Franklin-Roosevelt ou Champs-Elysées Clemenceau.

28 juin 2007

Colombo, ou l'inventeur du futur

medium_colombo1.2.jpg

"Je ne parlerai pas de style, car le design n'est pas du style ; le design annule le style. Si l'on fait du style, on ne peut pas faire du design. Le design est un langage universel qui peut émerger de la personnalité du créateur ou disons, de certains traits de caractères qui deviennent visibles lorsque l'on traite un problème, mais ne parlons pas de style".

Joe Colombo, en réponse à une question du journaliste Pascal Rousseau.

Peintre, sculpteur, architecte... puis designer. Un parcours classique, pour un personnage qui l'était beaucoup moins. Joe (de son vrai prénom Cesare) Colombo a marqué le design des années 1960, notamment par sa vision fantasque du futur. Un futur qu'il ne connaîtra pas, rapidement emporté par une crise cardiaque, alors qu'il n'a que 41 ans, en 1971. Mais son bref passage marque durablement la période et en fait un des grands, incontournable référence ou contre exemple, selon que l'on aime ou l'on déteste.

medium_colombo2.2.jpg

Pour mieux découvrir ce personnage, à qui  l'on doit notamment le fauteuil Elda, le musée des arts décoratifs de Paris, récemment rouvert, consacre une exposition au designer italien. Elle y présente des dessins, documents et oeuvres jamais exposés jusqu'alors.

On y découvre Colombo, qui a largement marqué les générations suivantes de designer. Sa vision futuriste se retrouve notamment dans sa "Cité nucléaire" de 1952. Un projet présenté comme une BD et qui concentre la vision de Colombo pour des formes totalement innovantes d'appartements, de moyens de transports ou d'infrastructures. Ces esquisses englobent  déjà la vision totale de la société ainsi que son intérêt pour les nouvelles technologies.

Des nouvelles technologies qu'il saura mettre au service de son dessin. Il est ainsi le premier à se servir de plastique moulé en un seul bloc pour sa chaise Universale (1965-1967). Un avant-gardiste qui a su utiliser les techniques contemporaines au service du beau.

 M. M.

_______________________________________

Au musée des arts décoratifs de Paris, jusqu'au 19 août, dans la grande nef. 8 €. Renseignements : www.lesartsdecoratifs.fr