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26 juillet 2007

Le portrait animalier, ou l'art de détourner les classiques

Avoir une photo de son chien ou de son chat, c'est désormais... dépassé. Rien n'est plus original que posséder une toile sur laquelle s'affiche la trombine de Rex, Medor ou Mistigri. C'est ce que propose un jeune peintre du Gard, Noé Roussel. Issu d'une famille d'artistes, le jeune homme s'est installé, avec sa compagne Alexandra, à Verfeuil, entre Bagnols-sur-Cèze et Alès. Tous deux se sont rencontrés lors de leur formation en restauration de tableaux.

Noé a toujours peint des animaux. Ses premières toiles mettent en scène deux vaches, portant costumes, sur un ciel sombre. On trouve aussi un blaireau en tenue de laquet ou un fennec en veste. Des portraits surpenants, qui intriguent. Et ne laissent pas indifférent.

 

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A côté de son activité de restauration de tableaux et de cadres, Noé a donc poursuivi sur la lancée animalière et réalise, sur commande, des portraits d'animaux. Aux propriétaires, il propose le style qu'il a envie de donner à l'oeuvre. A eux de choisir s'ils veulent emprunter cette voie ou rester dans le classicisme académique.

 

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Et franchement, le résultat est bluffant. Un cocker qui revêt les robes d'une infante de Vélasquez, c'est tout simplement génial. L'idée n'est pas nouvelle, et il y a quelque temps que l'on pouvait découvrir ce type de portrait animalier dans les magazines de décoration. La nouveauté, ici, c'est que c'est assez accessible. Il faut compter entre 150 et 300 euros pour avoir un portrait inédit de son animal préféré.

M. M.

Photos Mikaël ANISSET 

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Noé Roussel, Rondeur des jours, 30630 Verfeuil. 04 66 72 91 37.

www.portrait-peinture.com

14 juillet 2007

La chaise Eames, ou le design organique

"La forme de cette chaise ne prétend pas anticiper clairement la variété des besoins à remplir. Ces besoins sont pour l'instant non définis et la solution de la forme est dans une large proportion intuitive".

 Annotation de Charles et Ray Eames, sur le panneau explicatif de l'expostion en 1948.

Elle est une sorte de coquille, blanche, évidée en son centre. Posée sur un pied de bois et de métal. Quand on voit La Chaise, de Charles et Ray Eames, on adhère ou on rejette, mais on ne peut rester indifférent devant ce fauteuil de repos.

 

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Sa forme peut paraître torturée, mais il n'en est rien. Tout est parfaitement étudié. Un creux accueille les reins, le prolongement supporte les jambes, tandis que les bras trouvent naturellement leur place. La Chaise est l'icône du design organique. Le meuble et son "occupant", son utilisateur, ne forment plus qu'un.

Certains peuvent se demander comment le couple a pu réaliser un dessin si compliqué et pourtant si simple. En observant, tout simplement. Et notamment la "Floating figure", une sculpture de Gaston Lachaise. Franco-américain, Gaston Lachaise a fortement marqué la sculpture du début du XXe siècle. Pas étonnant donc de trouver sa patte dans la réalisation d'un fauteuil, qui, au final - hasard ou pas... - porte son nom et qui deviendra à son tour une icône du design du XXe siècle.

Mais au délà du dessin, la spécifité de cette chaise, créée en 1948, tient aussi dans sa conception. Elle est réalisée en fibre de verre, un matériau que le couple Eames a été l'un des premiers à utiliser en grande série. La Chaise, en quelque sorte, est la figure emblématique de cette production de sièges moulés. Initialement, le Eames office, en collaboration avec l'UCLA school of engineering répond à un concours - International competition for low-cost furniture design - organisé par le Museum of Modern art de New York. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l'objectif est de concevoir du mobilier bon marché. Le couple Eames souhaitait réaliser ces chaises en métal estampé. Mais les difficultés techniques orientent les designers vers une nouvelle matière, la fibre de verre, matériau né des recherches pendant la guerre.

La Chaise est longtemps restée au stade de prototype, voire d'oeuvre d'art. Ce n'est que depuis les années 1990 que Vitra, le fabriquant allemand qui commercialise les créations de Charles et Ray Eames, a décidé de produire le siège en petite série. Le laissant ainsi au rang d'objet de luxe, presque unique. Et totalement intemporel.

M. M.

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http://www.vitra.de/

http://www.rbcmobilier.com/

La Chaise, de Charles et Ray Eames, Vitra : 5 500 €.